Implanté sur une pointe de terre de la rive nord du fleuve Saint-Laurent, le projet prend place dans un paysage singulier, bordé de deux baies de sable et de rochers erratiques. Un petit chalet d’été, établi près de l’eau, occupait déjà le site. Sa relation directe au fleuve, accentuée par une implantation en projection au-dessus des marées et par l’intimité offerte par l’érablière environnante, constituait un héritage spatial et sensible déterminant pour la suite du projet.

  • Photographe : Adrien Williams
  • Designer intérieur : Lisa Hallé
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La commande initiale était de démolir le chalet existant et de construire une nouvelle résidence. Mais à la première visite, les concepteurs ont été séduits par le site et le chalet existant. Ils ont rapidement choisi de préserver le bâti. La simplicité formelle du chalet, sa terrasse couverte tournée vers l’horizon et la qualité de son implantation ont motivé un changement de stratégie : restaurer l’existant afin de conserver les droits acquis et y greffer un agrandissement discret, relié par une passerelle.
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L’implantation des volumes génère également une série d’espaces extérieurs distincts. Une première cour marque l’approche du bâtiment et regroupe les accès des deux résidences. À l’ouest, l’angulation des pavillons forme une cour intérieure protégée des vents, ouverte vers le fleuve, qui accueille la piscine. L’angulation des volumes à l’ouest amène la création d’une cour intérieure intime bénéficiant de l’ensoleillement et de l’ouverture sur le fleuve et non visible de l’intérieur, idéale pour l’implantation de la piscine dans les marges réglementaires
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À l’intérieur, le projet se déploie comme une séquence de cadrages et de perspectives croisées sur les pavillons. Chaque ouverture révèle une facette différente du paysage, tandis que la passerelle crée un moment de transition et de surprise menant vers le chalet d’origine. Les espaces de vie y mettent en valeur la structure de bois existante, révélée et réinterprétée dans une écriture contemporaine, établissant un dialogue entre mémoire du lieu et nouvelle intervention.
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L'articulation volumétrique permet une cohabitation harmonieuse tout en assurant l’intimité de chaque unité. La volumétrie des nouveaux pavillons s’inspire de l’articulation des toitures du chalet existant. Les formes évoquent à la fois des coques de bateaux échouées et les rochers dispersés sur le site par le mouvement des marées. Le morcellement des volumes contribue à maintenir une échelle domestique et discrète : depuis le sol, l’ensemble conserve l’apparence d’un petit chalet, tandis que seule une lecture aérienne révèle l’ampleur réelle de l’intervention.
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